La Psychologie et l'Entreprise

L'entreprise est l'un des théatres de la vie. Le travail façonne notre identité, notre personnalité. Parfois il nous renforce, parfois également il nous abime. L'étude de la psychologie du Travail et ma connaissance de la vie de l'entreprise m'ont donné l'envie d'écrire au gré de mes lectures, de ma formation et surtout de mes rencontres. J'invite tous ceux qui le souhaitent à s'exprimer, à réagir et à suggérer de nouvelles voies d'exploration de cette discipline que je trouve tout simplement … passionnante !!

La relation client fournisseur … le juste équilibre 13 mai 2011

Filed under: psychologie — Solange BENGOECHEA @ 21:49
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J’aurais pu même écrire … le juste équilibre instable, car ce type de relation, sous fond d’intérêts très différents pour l’un et pour l’autre, se construit et se reconstruit en permanence. Nous allons nous placer dans le contexte des services, celui des produits étant finalement assez simple, puisque l’objet acheté l’est en connaissance de cause (quoique la notion de vice caché existe …). Soit le produit convient et tout va bien, si ce n’est pas le cas, le client négocie un retour, un remboursement. La relation commerciale s’arrête dans la majorité des cas très vite, et la psychologie n’a pas grand chose à dire …

Dans le cadre des services, ce n’est pas tout à fait pareil. Même si le fournisseur s’efforce de préciser le plus finement possible le périmètre de son offre, cette dernière va se construire jours après jours sous les yeux du client, qui va ainsi en apprécier progressivement son opportunité et surtout mesurer les écarts inévitables avec la représentation qu’il s’en était faite. Et c’est là que la relation prend corps. L’intérêt du client est de tirer le meilleur parti possible de son fournisseur, pour étendre le périmètre du service à l’image qui s’en est faite, voire satisfaire des besoins qui surgissent au cours du déroulement de la mission. L’intérêt du fournisseur est de résister à cette “distension”, pour éviter de dépasser le temps imparti à la réalisation du service, rentabiliser son travail et pérenniser son entreprise.

Alors inévitablement la relation peut se tendre. Le client exprime une insatisfaction, voire une tromperie sur ce qu’il a acheté ; le fournisseur lui, est partagé entre le désir de satisfaire la demande du client pour pérenniser la relation, et la nécessaire fermeté d’une relation marchande qui doit être contenue dans un périmètre donné, afin de ne pas mettre en danger la structure financière. C’est ici que l’équilibre instable trouve toute sa signification : le fournisseur tel un funambule va devoir lâcher du lest là où il peut se le permettre, et rester ferme sur d’autres points : la négociation est permanente.

Dans ce contexte, afin que la relation soit saine pour l’un et pour l’autre, il faut ancrer cette dernière dans le champ émotionnel de l’empathie et s’efforcer d’y rester : il s’agit de comprendre les émotions exprimées par l’autre, mais ne pas chercher à les partager en se mettant à sa place ! C’est extrêmement difficile. De part et d’autre de l’empathie se trouvent 2 zones  dangereuses en termes de relation commerciale : il s’agit bien entendu de l’antipathie : “Sentiment irraisonné d’aversion, de répulsion d’une personne à l’égard d’une personne“. Cette antipathie amenée souvent dans son inconscient (celui-là, je ne sais pas pourquoi, je ne peux pas le voir …) par un trait de caractère, une valeur non partagée, un comportement déplaisant … va nuire à la relation dans la mesure où elle va mettre une barrière systématique aux demandes du client, et ainsi favoriser une rupture rapide et définitive de la relation. L’autre extrême, vous l’avez bien compris, est la sympathie. On pourrait croire que ce dernier est, à l’inverse de l’antipathie, un champ relationnel très favorable à la relation professionnelle : il n’en est rien ! La sympathie est définie par un “attrait naturel, spontané et chaleureux qu’une personne éprouve pour une autre” est tout aussi dangereux puisqu’il va pousser le fournisseur, qui souhaite satisfaire au mieux son client  à accepter de repousser les limites du champ du service en dehors de celui qu’il s’était fixé … et en conséquence mettre en danger l’entreprise par une non rentabilité du temps de travail.

Si nous étions des robots pilotés par des ordinateurs, nous pourrions détecter le type et l’intensité de la charge émotionnelle dans une relation client et programmer un recadrage … seulement voilà, ce n’est pas le cas (heureusement) ! Par conséquent il faut toujours être en alerte sur les sentiments que l’on éprouve vis à vis d’un client et, en fonction de ceux-ci, savoir les mettre à distance pour préserver une relation durable. Cela n’empêche pas bien sûr d’aller boire un verre ensemble de temps en temps … avec modération bien entendu !!

Je vous laisse seuls prolonger cette réflexion dans le champ de la relation inter-personnelle … dans l’entreprise elle-même.

 

Une réponse à “La relation client fournisseur … le juste équilibre”

  1. vbovis dit :

    Dans le “meilleur des Mondes”, telle devrait bien être l’analyse qui devrait être menée au sein de toute organisation!
    A cela, malheureusement, vient s’intercaler, à tort, la notion de “rentabilité” qui hante la majeure partie des acheteurs… et tu es tout à fait dans le vrai en disant que la dimension humaine, source même de pérennité dans l’entreprise devrait avoir une place au premier rang des relations clients/fournisseurs.

    Cette dimension va cependant, pour celui qui ne vise que “le meilleur service au moindre prix”, à l’encontre de la majeure partie des systèmes de management en place dans les entreprises. Mais bien entendu, considérer et harmoniser la dimension humaine avec la notion de profitabilité, ne va pas à l’encontre d’une meilleure productivité ni d’une meilleure efficacité des collaborateurs; au contraire!

    Cela demande un travail de fond dans l’organisation des fonctions dans l’entreprise en y intégrant les trois axes fondamentaux du développement durable, source même de pérennité de l’entreprise de demain… un “virage” qui, pour celui qui ne prend pas le temps de regarder, pourrait s’avérer “dangereux”…

    A ce titre, je ne peux qu’encourager les dirigeants, les chefs de services etc. à découvrir le bénéfice d’une démarche globale de prise en compte de la responsabilité sociétale dans l’entreprise; inclure dans l’ensemble des démarches, les fonctions et les responsabilités de chacun et leurs influences sur l’environnement de l’entreprise conduit à améliorer l’image de la société et par la même sa pérennité…

    Les directives de la Norme ISO 26000, permettent de positionner chaque entreprise dans son environnement et d’évaluer les bénéfices directs, le plus souvent matérialisés par des indicateurs de productivité. Évaluer son impact social, au sein de son entreprise, tout en y intégrant son impact sur l’environnement, conduit à une vision globale, à un nouveau style de Management collaboratif pour une meilleure productivité.

    Être responsable est à la portée de tous, il faut seulement prendre le temps d’analyser réellement nos actions!

    Je vous propose ainsi de suivre ma Formation “introduction à ISO 26000″, et de juger par vous même tout l’intérêt d’y consacrer du temps, maintenant… pour en gagner demain…

    Vincent Bovis
    Dirigeant RéAGiIR France
    v.bovis@reagiir.fr

    PS: n’hésitez pas à venir me rencontrer sur le Stand I-02 du salon Préventica à Bordeaux les 31, 1 et 2 février prochains (invitations gratuites sur simple demande via mail!)


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