La Psychologie et l'Entreprise

L'entreprise est l'un des théatres de la vie. Le travail façonne notre identité, notre personnalité. Parfois il nous renforce, parfois également il nous abime. L'étude de la psychologie du Travail et ma connaissance de la vie de l'entreprise m'ont donné l'envie d'écrire au gré de mes lectures, de ma formation et surtout de mes rencontres. J'invite tous ceux qui le souhaitent à s'exprimer, à réagir et à suggérer de nouvelles voies d'exploration de cette discipline que je trouve tout simplement … passionnante !!

Autour de la motivation 28 avril 2011

Filed under: Evènement — Solange BENGOECHEA @ 20:48
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Conférence résolument optimiste le 12 mai prochain à Bayonne …

 

Psychologue, psychothérapeute, psychiatre, psychanalyste …. mais encore ? 11 juin 2010

Allez consulter un psy, ou plus pudiquement “voir quelqu’un” comme disent encore beaucoup d’entre nous, cela entre peu à peu dans les mœurs, mais encore faut-il savoir de qui parle-t-on ou qui consulter, histoire de ne pas être surpris de se retrouver allongé sur un divan alors que l’on pensait sortir avec une ordonnance d’anxiolytiques ! En effet, nombreux sommes nous à être convaincus, sinon sensibilisés à ce que les maux parfois physiques peuvent être induits par ceux de notre “psyché” … et nous avons bien raison !

La psyché vient du grec et signifie “esprit” ou encore “âme”.

Le psychiatre est un médecin, qui a donc suivi un cursus général de médecine et s’est spécialisé dans le traitement des maladies de la psyché. Le psychiatre administre des traitements et est le seul à pouvoir le faire dans les professionnels que nous évoquons ici.

Le Psychologue, quant à lui, est diplômé d’études supérieures universitaires. Son mode d’action s’appuie essentiellement sur la parole (du grec “logos” : parole ou discours. La psychologie est donc l’étude des manifestations de la psyché à travers la parole d’un individu qui exprime ses sentiments, ses comportements seul ou en groupe, ses réflexions, ses angoisses, ses souvenirs … Il existe plusieurs disciplines à l’intérieur de la  psychologie : la psychologie clinique (se pencher sur …) qui va s’intéresser à soigner un individu dont les agissements ou ses pensées perturbent sa vie sociale, et ainsi à tendre à lui redonner une vie plus acceptable pour lui et son environnement. la psychologie du travail qui va s’intéresser à l’individu, ou à un groupe d’individus dans leur milieu de travail. La parole ici analysée est celle produite dans les actes de travail, et sert de matière à une réflexion du sujet pour une meilleure vie au travail.  Il est admis aujourd’hui de classer la psychologie (issue des travaux sur la psychanalyse) parmi les disciplines scientifiques pour les caractères reproductibles et critiquable de ses résultats obtenus par divers laboratoires dispersés dans le monde. La psychologie est encadrée par un code de déontologie et le titre protégé par une loi.

Le titre de psychothérapeute est depuis très peu de temps (20 mai 2010) encadré lui aussi  par un décret officiel. Il faut dire cette profession a suscité pas mal de flou pour ne pas dire de polémique. on y rencontre pourtant d’excellents professionnels irréprochables quant à leur éthique, mais également des individus moins scrupuleux qui n’ont pas hésité à s’habiller de ce titre après (sans le meilleur des cas) quelques jours de formation. Depuis donc le mois dernier, un psychothérapeute (diplômé au préalable d’un doctorat ou d’un master en psychologie ou psychanalyse) devra justifier de 400 heures minimum de formation en psychothérapie assorties de 5 mois d’exercice en milieu professionnel. Comme le psychologue, le psychothérapeute va s’intéresser au bien être d’un individu, et s’appuie pour cela sur des techniques très diverses qui dépendent de ses choix de formation. Il est très important de se renseigner sur son futur psychothérapeute, sur sa méthodologie et également sur la typologie de souffrance qu’il traite.

Enfin concernant le psychanalyste, nous savons tous plus ou moins après les multiples ouvrages parus et qui paraissent encore que cette discipline (le caractère scientifique fait bien entendu polémique) est issu des travaux de Freud à partir de la fin du XIXème siècle. Nous savons également qu’être en analyse (c’est l’expression appropriée, on parle également de “cure psychanalytique”), c’est entamer un lourd et long travail sur soi pour aller chercher au plus profond de nous même et de notre passé (Freud rapporte à l’enfance la plupart des explications de nos comportements actuels) une meilleure connaissance de notre mode de fonctionnement. Être psychanalyste, c’est avoir mené à son terme (quoique … est-il atteint un jour ?) ce travail sur soi … et donc d’être en mesure d’accompagner autrui à le faire. Ici également nous rencontrerons des courants : les Lacaniens proche des théories de Jacques LACAN, les Freudiens … Enfin  l’absence d’un registre officiel de la profession et l’exigence d’une formation précise obligent à la prudence dans le choix de son analyste. Outre cet aspect, il est par ailleurs important de se “sentir bien” avec lui et donc de ne pas hésiter à en consulter plusieurs avant d’entamer son parcours.

Dans le milieu de l’entreprise, ce sont donc essentiellement des psychologues voire des psychothérapeutes auxquels nous aurons affaire, et pour les uns comme pour les autres, il est important de bien définir son besoin (l’accompagnement de carrière ne fait pas appel aux même compétences que la prévention de la souffrance ou des risques psychosociaux) et de tenir compte également de la connaissance qu’à le professionnel du milieu de l’entreprise, indispensable à mon sens à un travail de qualité pour l’intégration et la compréhension de certains contextes juridiques, sociaux ou encore économiques.

 

Autorité et Pouvoir 30 mai 2010

Filed under: L'entreprise au quotidien,Sociologie — Solange BENGOECHEA @ 09:38
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Être chef d’entreprise, c’est accepter de une position d’autorité sur ses salariés … mais est-ce synonyme de  pouvoir ? Je n’aurais bien sûr pas démarrer ce billet si tel était le cas pour les sociologues.

L’autorité est en effet un caractère fixe, légitimé et permanent donné par l’organisation de l’entreprise. Autrement dit, il se lit dans son organigramme. Le pouvoir quant à lui est plus “volatile”, il est toujours en jeu et dépend essentiellement de la relation qui s’établit entre 2 individus. Il peut être conquis, négocié, accepté, refusé, perdu …

Légitimités de l’autorité

L’autorité demande une légitimité pour être acceptée par le groupe et les individus qui le compose. Le sociologue allemand Max WEBER en définit 3 types :

  • La légitimité traditionnelle : elle est le fruit de l’héritage culturel, c’est le père, le roi, le patron de l’entreprise familiale. Elle pérennise le système en lui donnant de l’assurance, mais elle est porteuse également de rigidité et est un obstacle à la création, à l’innovation.
  • La légitimité charismatique : donnée par les qualités et le caractère exceptionnels d’une personne. Elle fédère, est source de création, la limité étant souvent une absence de débat contradictoire … et de possibles dérives, l’extrême aboutissant à des phénomènes sectaires.
  • la légitimité rationnelle légale : fondée par la rationalité scientifique, les connaissances et les compétences d’un chef reconnues par le groupe. Cette forme est apparue avec l’ère industrielle pour éviter tout pouvoir arbitraire.

La relation de POUVOIR

Avoir du pouvoir sur une personne signifie obtenir de cette personne quelque chose qu’elle n’aurait pas fait sans notre intervention. Les approches et concepts sociologiques sur le pouvoir sont nombreux, c’est une notion finalement assez subjective selon l’objectif que l’on lui attribue.

Selon Alain RENAUT, nous assistons aujourd’hui à une fragilisation généralisée de toutes les formes de pouvoir, conséquence directe d’une crise de l’autorité, et même plus exactement de sa légitimité. Notre société “post moderne” donne par toutes les formes de communications aujourd’hui disponible matière à contester, à nier, voire même à ridiculiser une personne qui qu’elle soit, et c’est sans doute quelque part une bonne chose … mais tel n’est pas le sujet du jour.

Et dans l’entreprise ?

L’entreprise n’échappe bien entendu pas à ces notions. Bon nombre de patrons de PME bénéficient encore d’une autorité issue d’une légitimité traditionnelle (le fondateur, le fils de …) qui leur confère un pourvoir “naturel” assis sur un capital confiance des salariés. Mais ce pouvoir n’échappe pas à l’émergence d’une contestation, surtout à un moment ou le contexte économique impose à l’entreprise et ses dirigeants des choix stratégiques difficiles, pas toujours compris et partagés par ses acteurs.

Si bien que des chefs d’entreprises peuvent eux aussi se trouver en position de perte de pouvoir, principalement due à une légitimité “d’expert” de l’autorité émoussée.

Il est donc essentiel pour un chef d’entreprise, plus aujourd’hui qu’hier, de veiller à ce que son autorité soit assise sur un pouvoir affirmé. Qu’est-ce que cela veut dire ? Je pense qu’il s’agit là essentiellement d’une relation de qualité à l’intérieur de l’entreprise et à tous les échelons du pouvoir. Cela parait plus facile dans les petites structures, où le patron s’adresse en générale directement et fréquemment à l’ensemble de ses salariés, où il est visible, perceptible dans ses postures … et où son simple comportement inspire confiance et adhésion. Mais ce n’est pas suffisant ! Sans expliciter et argumenter toutes les décisions prises, il est important que le corps de production de l’entreprise comprenne le sens essentiel des tâches demandées : par exemple, l’instauration de contrôles plus rigoureux sur les postes de production peut être interprétée par une volonté suspicieuse de traquer les lacunes ou défaillances de personnes … alors qu’il peut s’agir en réalité de la mise en place d’une politique qualité destinée à ouvrir de nouveaux marchés … cela s’explique très simplement, et le mieux placé pour le faire est la patron lui-même !

Autorité et pouvoir sont donc intimement liés : l’autorité se nourrit au quotidien du pouvoir, qui lui se travaille et s’entretient par des formes collaboratives, participatives et bien entendu de postures.

RENAUT A., 2004. La Fin de l’autorité. Flammarion, Paris.

 

 
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