La Psychologie et l'Entreprise

L'entreprise est l'un des théatres de la vie. Le travail façonne notre identité, notre personnalité. Parfois il nous renforce, parfois également il nous abime. L'étude de la psychologie du Travail et ma connaissance de la vie de l'entreprise m'ont donné l'envie d'écrire au gré de mes lectures, de ma formation et surtout de mes rencontres. J'invite tous ceux qui le souhaitent à s'exprimer, à réagir et à suggérer de nouvelles voies d'exploration de cette discipline que je trouve tout simplement … passionnante !!

1er Janvier 2012 : Entrée en application des dispositions sur la prévention de la pénibilité au Travail (Loi 2010-1330) 10 janvier 2012

La réforme du régime des retraites nous a amené certes quelques mois voire années de plus à passer dans le monde du travail, mais également d’autres mesures qui sont passées quasiment inaperçues, notamment celle récemment entrée en vigueur ce 1er  janvier, à propos de l’incitation à la mise en place dans les entreprises d’une politique centrée sur le prévention de la pénibilité au travail.

Maître Xavier BERJOT nous propose sur JurisTravail .com une bonne synthèse du périmètre couvert par cette loi et des composantes de cette “Fiche Individuelle des Conditions de Pénibilité” que devra tenir désormais toute entreprise soumise à cette loi.

Plus que de réaliser une politique réelle de prévention de la pénibilité, le législateur a voulu normer en quelque sorte cette notion de pénibilité en décrivant le plus objectivement possible certaines situations physiques  de travail (de postures, de gestes répétitifs, d’ambiance ou encore d’exposition à des produits chimiques) pouvant porter atteinte à la santé des opérateurs. Et ce en vue de proposer dans le nouveau régime de retraite des compensations pour tenir compte de ces affectations de la santé (sous forme de départs anticipés).

Pour connaître tous les détails sur l’application de cette loi, vous pouvez consulter  la circulaire DGT N°8 du 28 octobre 2011.

  1. Mon entreprise est-elle concernée ?

La loi a fixé son seuil d’application aux entreprises d’au moins 50 salariés, dont 50 % d’entre eux son exposés aux facteurs de pénibilité qu’elle définit dans son décret 2011-354 du 30 mars 2011. Rien n’empêche bien entendu toute entreprise de prendre appui sur cette loi pour enclencher un démarrage de politique de sécurité au travail, bien que, nous allons le constater, le fruit de ces dispositions légales se résume à un fichage statique de conditions de pénibilité physique, et partiel car écartant d’emblée toute notion de stress et autres facteurs psychosociaux.

2 cas d’exonération de votre entreprise à cette loi : en cas d’accord de branche ou en cas d’accord antérieur au 9 juillet 2011 (valable uniquement pour 3 années).

2. Que dois-je  faire si mon entreprise est concernée ?

L’entreprise a le choix de négocier un accord avec les partenaires sociaux, ou de réaliser un plan d’action. En premier lieu, un diagnostic vous serez nécessaire pour repérer les dysfonctionnements et zones d’intervention majeures et prioritaires. Ensuite vous devrez fixer des objectifs mesurables à atteindre en respectant des thèmes d’intervention définis par la loi. Enfin vous devrez déposer votre accord ou plan d’action auprès de la DIRECCTE … qui n’en consultera et validera pas pour autant le contenu, mais pourra vous l’opposer en cas de contrôle ultérieur dans votre entreprise.  Chaque année, vous porterez à la connaissance de votre personnel (par l’intermédiaire du CHSCT). En cas d’infraction relevée non corrigée, vous vous exposerez à une pénalité fixée par l’inspection du travail, qui ne pourra excéder 1 % des rémunérations versées aux salariés exposés.

A chaque salarié concerné sera ensuite attachée cette Fiche Individuelle des Conditions de Pénibilité qui devra lui être remise en cas de départ de l’entreprise.

Une loi plus utilitaire que globale qui va, une fois de plus, alourdir significativement le volet administratif déjà bien chargé de nos entreprises françaises … sans leur apporter de véritables solutions.  Et bien entendu, crise oblige, aucune aide financière ne vous est accessible pour vous aider dans votre diagnostic et vos démarches …alors que ce sont des domaines très éloignés des compétences des chefs d’entreprise et de leurs équipes de direction, et donc une prise de risque importante que de vouloir des traiter seul !

Un conseil pour finir : tout en respectant le cadre de cette loi, et tant qu’à intervenir sur ce domaine à l’intérieur de votre entreprise, intégrez dans votre approche les facteurs de stress en créant des groupes transversaux d’expression et de construction de pistes de travail. N’oubliez pas que la plupart des BONNES solutions naissent à l’intérieur de vos équipes … Bonnes pour vos salariés … et donc pour vous !

Bon courage à tous !

 

Stress … le bon et le mauvais ! 15 avril 2010

Filed under: psychologie — Solange BENGOECHEA @ 20:43
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La notion de stress au travail est source de multitudes d’écrits, de recherches et d’interventions dans le champ de la psychologie. Elle recouvre cependant des approches assez diverses, qui vont du “simple” sentiment de trop plein ponctuel de tâches à accomplir, aux frontières du harcèlement moral qui, quant à lui, sous entend une action traumatique individualisée, répétée, qui ébranle par l’isolement de la personne et sa culpabilisation son “socle identitaire”, pour en obtenir sa rédition.

C’est Hans SELVE en 1963 qui donne au stress (latin: stringere: serrer, presser, rendre raide) sa signification actuelle pour désigner médicalement “des tensions faibles ou fortes éprouvées depuis toujours, et déclenchées par des évènements futurs désagréables ou agréables, … forces potentiellement destructrices”.

Le stress est désigné en psychologie du travail comme un ensemble de tensions générées par des facteurs contextuels liés à la tâche de travail (pression temporelle, rendement, pseudo autonomie, contact avec le public, …) ou à l’organisation (répartition des tâches, organisation des carrières, …) ou encore au milieu psychosociologique (relations de travail, reconnaissance, typologie de management, …).  Il résulte d’un déséquilibre entre les ressources personnelles et organisationnelles de la personne, et les exigences de sa situation de travail. C’est la première marche de la souffrance au travail.

Bon stress ou mauvais Stress ?

Le stress est souvent désigné, comme c’est le cas dans les lignes précédentes, comme un facteur nuisible à la santé. Il est cependant des approches qui, dans certains cas, et notamment pour des stimuli délivrés “à petites doses” et de façon ponctuelle, pour lesquelles le stress peut devenir source d’innovation, de motivation et de changement. Ce concept a fait les beaux jours (et de bons comptes en banques !!) de consultants zélés qui ont imprimés de façon un peu simpliste dans la tête de managers en quête de nouveaux styles, que mettre les salariés sous pression produisait des effets bénéfiques sur le travail et donc sur les résultats … inutile de souligner ici les dégâts qu’ont produit de telles méthodes dans certaines entreprises !

Et pourtant le stress positif existe bien. Pour ma part j’aime bien la définition d’Yves CLOT a propos du stress positif face au travail qui reste à faire (qui nécessite organisation, planification, créativité, …) …. et du stress négatif face au travail qu’on n’a pas pu faire (facteur de frustration) …

A Lire : P. LEGERON “Le Stress n’est pas une maladie”

Comment évaluer le Stress ?

C’est une des question fondamentales de ces derniers mois, notamment grâce (je devrais quand même dire “à cause”) des évènements de suicides au travail chez EDF, Renault, pour ne citer que les cas qui ont fait le plus de bruit, puisque les médias n’accordent d’importance qu’à la quantité !  Il faut quand même souligner que le suicide au travail, c’est 1 décès par jour ! Peu de professions y échappent : chef d’entreprises, agriculteurs, ouvriers, cadres, personnel de soins …

L’américain Robert KARAZEK a conçu un modèle d’analyse du stress très utilisé aujourd’hui par les professionnels en intervention en entreprise, et reconnu à ce titre par l’organisation internationale du Travail (1993). Sans entrer dans les détails, c’est un modèle en trois dimensions qui va s’intéresser d’abord à la pénibilité du travail (aspects quantitatif et qualitatif, adaptations aux changements technologiques), puis au contrôle exercé sur le travail effectué (morcellement des tâches à exécuter, degré d’autonomie dans le travail, …) et enfin à l’aspect soutien social (lié au collectif de travail). Le point principal du modèle de Karasek est que le stress au travail survient lorsque le travail pose des exigences élevées mais laisse au travailleur une marge suffisante pour l’organiser lui-même. Un phénomène aggravant de ce stress est le manque de soutien social rencontré par le salarié.



 

 
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